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Les essentiels de l’IA pour l’audit interne

Nicolas Gasnier-Duparc
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Les essentiels de l’IA pour l’audit interne
Une fonction de plus en plus capitalistique
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En juin dernier, Grant Thornton et l’Université Paris Dauphine-PSL publiaient leur première enquête sur la place de l’Intelligence Artificielle (IA) dans les processus d’audit.

Dans le cadre de cette enquête, plus de 120 auditeurs se sont exprimés ; nous avons aussi recueilli, lors d’interviews, les opinions avisées de professionnels de l’audit et d’éditeurs de solutions utilisant l’IA.

Parmi les résultats, il est intéressant de constater que 60% des répondants utilisent des outils à base d’IA, mais seulement 25% de manière fréquente.

Parmi les freins à l’utilisation des outils de l’IA, 73% des répondants évoquent l’investissement en temps pour déployer et utiliser de tels outils et 63% des répondants évoquent l’investissement financier que cela représente.

Ces deux points sont une réalité. Il est indéniable que cela représente un investissement financier et un temps homme non négligeable. La question n’est donc pas de savoir si l’on doit aller vers ces outils mais sous quelles conditions il est possible de les rentabiliser.

Par nécessité, la fonction d’audit interne devient de plus en plus capitalistique. Dans un monde digital, elle a besoin pour fonctionner de plus d’investissements et de plus de capital. En cela, l’audit interne ne déroge pas à la tendance observée sur toutes les fonctions supports : finances, contrôle de gestion, Ressources Humaines (RH), conformité…

Une fonction d’audit interne qui ne reposerait que sur son capital humain, malgré la qualité reconnue de ce dernier,n’a pas d’avenir, tant dans sa capacité à attirer les talents que dans sa capacité à délivrer des avis pertinents dans un monde de plus en plus complexe et dans un environnement où la data est reine.

L’enjeu de la rentabilisation des outils utilisant l’IA passe par une refonte en profondeur de l’approche d’audit et par la systémisation de l’utilisation de ces outils. En avoir une utilisation parcimonieuse n’est pas une solution, car elle cumulerait tous les inconvénients : le coût, le temps nécessaire, le manque de pertinence avéré et d’attractivité des compétences nécessaires.

L’enjeu de rentabilité réside bien dans une utilisation extensive de ces outils, qui passe par une refonte de l’approche d’audit, une nouvelle répartition des travaux entre les auditeurs et l’IA, l’acquisition de nouvelles compétences pour maîtriser ces outils. La refonte de l’approche d’audit devra intégrer la capacité de ces outils à monitorer en continu des processus pour identifier des risques ou des atypies, à réaliser des contrôles.

C’est uniquement à ce prix qu’il sera possible de récolter tous les fruits de ces outils et de les rentabiliser tant sous un angle financier, d’efficience des ressources allouées à l’audit, que sous un angle RH pour attirer les talents et les retenir que d’un point de vue professionnel (pertinence des thèmes d’audit, des points d’audit, des recommandations…).

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