Le projet ESEF est un projet qui peut s’avérer complexe. Nécessitant de la rigueur, disposer de temps permettra d’en tirer de meilleurs bénéfices et de ne pas subir la réglementation.

Tandis qu’une partie des groupes français a bien avancé sur le projet XBRL (eXtensible Business Reporting Language) en commençant en 2019 ou au 1er semestre 2020, d’autres ont reporté les travaux prévus, avec la crise de la Covid et les contraintes liées au confinement. A la suite du report de l’obligation réglementaire XBRL décidé en Europe, les groupes cotés Français, publiant en IFRS, ont ainsi le choix d’appliquer ou non ce nouveau format de dépôt. Les entreprises françaises bénéficient ainsi d’une année supplémentaire pour se mettre en conformité.

Dans un contexte de progression dans l’utilisation des solutions digitales et collaboratives, il paraît capital de garder le cap dans la préparation des états financiers au format XBRL, afin de réussir sa transition digitale. Grâce au report, les groupes bénéficient d’un délai additionnel pour mûrir leur dispositif et le faire évoluer au-delà de l’obligation réglementaire. Il est ainsi urgent de mettre ce délai à profit pour mieux gérer son projet ESEF et le faire de façon choisie et non subie.

Il faut y voir l’opportunité de mettre en place un nouvel outil de « Disclosure Management » (DM) intégrant XBRL et d’élargir l’iXBRL à d’autres indicateurs.

Tout d’abord en mettant en place un outil de DM automatisant la production des documents financiers, les groupes choisissent de passer en full HTML, en verticalisant depuis la consolidation jusqu’à XBRL. Les groupes sont ainsi embarqués pour l’avenir pour les nouvelles demandes des investisseurs.

Il faut rappeler que les avantages d’un DM sont multiples, allant de l’amélioration des processus de production des rapports financiers, à la réduction du temps passé par les équipes d’audit et de coûts cachés liés aux risques d’erreur et de démotivation des collaborateurs. Il est aussi possible d’intégrer d’autres rapports connexes à cet outil, comme les présentations aux comités d’audit et aux analystes et d’étendre l’utilisation à d’autres directions.

Si le lancement à la fois d’un projet de DM et de mise au format ESEF semblait trop ambitieux en 2020 car facteur de risques, il est urgent de le lancer en 2021 afin d’en tirer le meilleur parti et ne pas se faire piéger par le report. Les éditeurs auront aussi gagné en maturité et les outils proposés seront plus aboutis et performants par rapport à l’attendu.

Dans tous les cas, il est critique de se faire accompagner par des experts pour réussir la gestion d’un tel projet qui est structurant pour les directions financières, notamment pour les phases clés de choix de l’outil, de sa mise en place, de tests blancs et de formation des équipes.

De plus selon notre expérience, il est fondamental d’avoir une vision sur le long terme et d’anticiper les demandes futures, telles que le balisage des notes annexes par bloc demandé par le reporting ESEF au 1er janvier 2022.

C’est le sens du progrès que de converger vers une digitalisation financière et il est intéressant de commencer à utiliser le nouveau format XBRL pour baliser d’autres indicateurs clés économiques. Certaines entreprises ont d’ailleurs choisi de tagger les données financières contenues dans la note de l’information sectorielle et notamment du P&L par activité. Il faut alors prévoir du temps pour la création de ces nouvelles extensions et leur balisage dans l’outil.

Pour se faire, il est raisonnable de se faire accompagner par des professionnels dans cette démarche de réflexion concernant sa communication financière. D’autant plus que dans un avenir un peu plus lointain, le format XBRL devrait être élargi aux données extra financières, comme les données RSE. Tout cela devrait ainsi permettre d’améliorer la qualité de la communication des entreprises et d’accroitre la valeur de la donnée.

Le report de l’échéance du dépôt des URD au format xHTML ouvre donc l’opportunité en 2021 de revalider les projets ESEF qui ont été menés dans la précipitation en 2020 et d’accompagner ceux à venir.

 

Auteurs : Anaïs de Lacharrière, Associée Business Consulting Services et Aurélie Alba, manager Business Consulting Services.

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