L'amour au travail
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La pandémie de coronavirus a fait du télétravail la nouvelle norme. Entre conciliation vie professionnelle et vie privée, certains collaborateurs sembleraient utiliser le travail à domicile comme une occasion nouvelle de pimenter leurs relations sociales, voire leur vie sexuelle. 

Avec les plateformes de messagerie instantanée professionnelles, il semblerait plus facile d’entretenir à distance, par claviers interposés, toutes sortes de relations… en échangeant avec des collègues des messages en dehors du champ professionnel (à des fins non équivoques de séduire en attendant secrètement une autre affinité) … L’ère du numérique a l’avantage de rompre plus facilement la frontière vie privée et vie professionnelle en réduisant la timidité. Derrière un écran, les frontières sont parfois plus simples à franchir …

Aussi, un collaborateur dans un élan cupidonien pourrait être amené à introduire dans ses échanges avec un collaborateur des éléments de sa vie privée, des photos ou tout autre élément à caractère non professionnel. C’est alors que l’employeur pourrait agir hâtivement en cherchant à introduire, dans une charte informatique par exemple, l’interdiction de manière absolue de l’utilisation de l’outil informatique à des fins personnelles. Envisager une telle interdiction de principe serait réputée inopposable aux collaborateurs au motif que cette interdiction serait irréaliste et disproportionnée au but recherché et porterait atteinte au respect de la vie privée.

Au regard de ces éléments, cela signifierait-il que les salariés auraient la possibilité d’utiliser les réseaux professionnels pour entretenir des échanges dépassant ouvertement le cadre professionnel ?

Le droit au respect de la vie privée est un droit fondamental qui est opposable à l’employeur mais ce droit ne paralyse pas l’employeur de toutes actions de contrôle. En effet, au nom de leur pouvoir de contrôle et de direction dans l’entreprise, de leur droit de propriété sur l’outil informatique mis à la disposition du salarié, le code du travail et la jurisprudence autorisent sous condition l’employeur à revendiquer un droit de regard, de contrôle des courriels reçus ou émis sur les outils informatiques.

Par conséquent, entretenir des échanges entre collègues sur les réseaux professionnels sont possibles mais il est conseillé aux futurs troubadours 2.0 de prendre acte d’une chose essentielle : « les écrits restent les paroles s'envolent » et que ces derniers pourraient donc un jour être lus, et par conséquent lui être opposables.