La souveraineté alimentaire
Une priorité nationale soulignée par la crise sanitaire
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La pandémie du Covid ainsi que les derniers chiffres de la balance commerciale agricole présentant un excédent de seulement 6,3 milliards en 2020 (soit un montant divisé par 2 ces dernières années) ont relancé le débat sur la souveraineté alimentaire de notre pays.

Et, précision importante pour dresser un tableau réaliste de la situation hexagonale, il est important de rappeler que cet excédent est principalement porté par les boissons, les céréales et les produits laitiers et qu’inversement, nous importons massivement les fruits consommés (60%), près de 50% des volailles, 40% des légumes et une part de plus en plus importante de la viande bovine.

Dans ce contexte, la « Ferme France » devra, pour assurer à notre pays l’indépendance alimentaire, l’un des piliers de la souveraineté alimentaire, s’appuyer sur ses atouts mais également apporter une réponse aux paradoxes suivants :

  • Comment produire des quantités plus importantes tout en intégrant une transition agroécologique et bio engendrant des baisses de rendements à court-terme ?
  • Comment renforcer notre production de fruits et légumes quand cette filière est dépendante des coûts de la main d’œuvre et subit une concurrence internationale féroce ? 
  • Comment réorienter notre production nationale tout en restant un exportateur de 1er rang au niveau mondial et permettant de générer des excédents commerciaux ?
  • Comment assurer un revenu permettant aux agriculteurs de vivre de leur exploitation tout en poursuivant une politique des prix bas au niveau des distributeurs ?
  • Comment assurer une équité entre les produits français respectant un cahier des charges strict en matière phytosanitaire, de bien-être animal… et les produits importés à bas prix de pays aux normes locales moins contraignantes ?

Pour répondre à ces défis, la « Ferme France » pourra s’appuyer sur ses nombreux atouts à savoir, principalement :

  • Le développement de 2 modèles d’exploitations distincts, avec d’une part des structures de petites tailles majoritairement dédiées au circuit court et inversement de grandes exploitations orientées sur la production de volumes permettant une meilleure maîtrise des coûts de production à l’instar de ce qui a été réalisée en Allemagne ou aux Pays-Bas, tout en limitant l’importation de ces produits. Une somme de petites structures produisant des biens de très haute qualité ne permettra pas d’atteindre l’indépendance alimentaire et ne sera pas accessible à l’ensemble de la population. Il est donc indispensable de penser « volume » et logistique liée pour l’accessibilité de toute la population à une plus large offre ;
  • Une industrie agro-alimentaire de 1er rang, la 1ère industrie française nous permettant d’être le 5ème exportateur mondial. Cette filière, organisée autour de groupes privés et coopératifs, demeure en outre un acteur majeur de la préservation de l’équilibre de nos territoires.

Ces défis à relever par la « Ferme France » sont donc d’une grande ampleur pour dans un premier temps, améliorer notre indépendance alimentaire avant de pouvoir, ensuite, assurer notre indépendance.

Mais avant tout, ces défis doivent être la préoccupation de tous.

Et si, finalement la solution venait aussi de nous ?

De nous consommateurs, qui devons intégrer que notre indépendance alimentaire nécessite une évolution de nos comportements en acceptant de payer le juste prix d’un produit respectant le cahier des charges souhaité afin de garantir une sécurité alimentaire, en intégrant la notion de durabilité dans nos achats et en permettant davantage de justesse dans la rémunération du producteur (rémunérascore) comme le prévoient les débats actuels dans le cadre de la loi EGALIM 2. 

S’informer, comprendre les priorités et intégrer de nouvelles habitudes alimentaires c’est quelque part déjà être acteur de notre souveraineté.