Incertitudes climatiques
des solutions existent !
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Produits agricoles, métaux, minerais : toutes les matières premières essentielles à la vie et à l’économie ont vu leur cours s’envoler ces derniers mois, et l’indice FAO fait état d’une hausse de près de 40% sur un an. Cette augmentation, alimentée par deux facteurs clés que sont les tensions inflationnistes et les impacts du changement climatique, challenge le modèle économique des acteurs de l’agroalimentaire.

Ce secteur, principalement représenté par des PME - 98%, selon l’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA)* - fait ainsi face à un double défi :

  • Le premier étant sa capacité à maintenir ses marges malgré la prise en étau entre déflation des produits de grande consommation et hausse continue des matières premières, de l’énergie et du transport. En effet, cette prise en étau subie risque d’impacter à long terme les capacités d’investissement de l’industrie alimentaire Française car, de toutes les industries alimentaires d’Europe, elle est celle qui présente la rentabilité d’exploitation la plus faible selon Eurostat.
  • Le second étant son besoin de satisfaire la demande et ses engagements dans un contexte d’approvisionnement rendu difficile tant en quantité qu’en qualité.

Dès lors, au-delà de la question liée à la souveraineté alimentaire à moyen et long terme, se pose la question de savoir si notre industrie aura la capacité de passer cette crise en conservant les capacités financières nécessaires pour répondre aux ambitions fixées par la loi EGALIM pour une alimentation plus sure, plus saine, plus durable  et une meilleure rémunération des maillons de cette chaine, en particulier les agriculteurs, qui nous fait tous vivre.

Dans ce contexte, de nombreuses initiatives ont été prises par le gouvernement et les différents acteurs pour accompagner la transition vers l’industrie agroalimentaire de demain. Ces solutions de long terme ne répondent cependant pas au besoin de sécurité face aux aléas économiques et climatiques subis de plus en plus fréquemment et intensément, impactant les différents acteurs de la filière.

Comme nous l’avons évoqué précédemment, le tissu agroalimentaire Français est principalement composé de petites et moyennes entreprises. Elles font à la fois sa richesse par leur extraordinaire diversité mais aussi sa faiblesse eu égard à la taille des acteurs concurrents venus de chez nos voisins. Ces PME se retrouvent, d’ailleurs, parfois démunies face à la volatilité des marchés ces dernières années.

A la différence des grands groupes ayant la capacité de déployer des moyens importants pour se couvrir contre ces aléas, les PME ont des difficultés à accéder aux solutions de couverture et subissent de plein fouet le contexte actuel. La démocratisation de ces solutions doit aujourd’hui passer par leur mise en avant via les différentes organisations patronales et syndicales intervenant sur l’ensemble de la chaine de valeur, et aussi, via le développement de produits simples, lisibles et faciles à contracter. L’implémentation de tels produits et leur promotion constitueraient une opportunité forte en termes de sécurité financière de la chaine agroalimentaire.

La combinaison associant mise en place d’instruments de couverture et règles de négociation édictées dans le cadre de la loi EGALIM pourrait être l’opportunité de créer un cercle vertueux au bénéfice de tous les acteurs. 

Aujourd’hui, les différents acteurs (GMS, industriels, agriculteurs) s’opposent, et le marché alimentaire dans sa globalité fait face à une intense spéculation portée par les incertitudes climatiques. La mise en place d’un système permettant à chacun de se couvrir contre ces risques au travers de contrats de couverture ou d’accords commerciaux tenant compte de manière globale des impacts des fluctuations de prix permettrait de sécuriser chaque acteur, afin que tous avancent sereinement vers les défis de demain.

 

* Source : Note de conjoncture, ANIA, « L’ANIA alerte sur la flambée du prix des matières premières et les fortes tensions sur les approvisionnements. », 8 juin 2021.