En Gastronomie comme en tout, la difficulté, c’est de changer !
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L’ONU, le GIEC, et l’ensemble de la filière Agricole étudient, évaluent et produisent de la documentation sur les multiples enjeux qui pèsent sur le futur de notre alimentation, dont deux notamment :

  • La démographie : 9 à 10 milliards de terriens à horizon 2050 ;
  • L’impact environnemental : à ce jour l’activité agroalimentaire représente 30% des émissions de gaz à effet de serre et 70% de l’eau potable consommée. Les impacts les plus importants concernent l’alimentation protéinée (élevage, céréales pour élevage, végétaux…).

La filière s’empare donc de cette réalité, et ses actions d’innovation sont immenses pour mettre à disposition de nouvelles sources nutritives qui préservent mieux l’environnement.

A quoi doivent donc se préparer les gastronomes citoyens ?

  1. Une grande nouveauté qui fait sensation : l’intégration des protéines d’insectes dans l’alimentation humaine ! En effet, les 27 pays de l’Union Européenne ont autorisé le 5 mai 2021 la mise sur le marché pour l’alimentation humaine du scarabée Molitor, avec des débouchés identifiés pour les seniors, les sportifs ou encore les compléments alimentaires pour des végétaliens.
    Illustration de cette démarche chez nous, en France : la construction de la ferme verticale par Ynsect lancée le mois dernier et dédiée à l’élevage de ce scarabée.

  2. Les algues alimentaires : de multiples projets d’élevages d’algues, consommées sous forme de condiments notamment.

  3. Une évolution de nos pratiques alimentaires : la poursuite de la réduction de la consommation de viande et l’adoption plus large d’un régime flexitarien : augmentation de la part de fruits et légumes, graines et protéines mentionnées ci-dessus.

  4. D’un point de vue plus prospectif, des tendances qui nécessiteront sans doute des évolutions culturelles pour émerger :
  • De la viande et du poisson de synthèse,
  • L’amélioration de la période de conservation des aliments par adjonction chimique pour réduire la part de production perdue,
  • Le recours aux OGM pour améliorer la qualité et l’apport nutritif des aliments…

Dans un monde évoluant vers une humanité grandissante à nourrir et la nécessité de préserver les ressources naturelles, la filière agro-alimentaire se mobilise fortement avec une innovation forte. Les enjeux sont immenses. Mais au-delà de cet aspect utilitaire, les enquêtes soulignent les attentes suivantes de leur alimentation :

  • Le goût et le plaisir gustatif,
  • La préservation du capital santé,
  • Le bien-être environnemental.

Les études montrent que les Français sont parmi les plus réfractaires à la nouveauté. Pot-au-feu et blanquette de veau ont encore de beaux jours devant eux… Ce qui est sans doute une bonne nouvelle pour la préservation de notre patrimoine culinaire, mais une moins bonne nouvelle pour la soutenabilité de notre mode de vie gastronomique.

Comme souvent, l’innovation existe, mais c’est le changement des comportements individuels et l’adoption de ces nouveautés qui risquent de bloquer un déploiement, pourtant essentiel. Le consultant vous dirait que dans la plupart des projets mis en échec, c’est le défaut d’accompagnement du changement auprès des utilisateurs qui arrive en tête des explications.

Il est donc crucial pour la filière agro-alimentaire de communiquer, faire la promotion et accompagner le changement des pratiques individuelles d’alimentation pour aider chacun d’entre nous à faire évoluer ses habitudes.

Citoyens Gastronomes ! Osons le changement !