2020 : un stress-test réussi pour l’industrie du private equity
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L'activité du capital-investissement n'a pas connu de trou d’air en 2020 malgré le confinement et le stop-and-go de l’économie. Les fonds de capital-innovation, capital-développement et capital-transmission ont accompagné plus de 2 000 entreprises pour un montant global de 17,8 milliards d’euros, soit à peine 8% de moins qu’en 2019, année record d’investissement.

La crise sanitaire a apporté la preuve du professionnalisme et de la maturité de l’industrie du capital-investissement français qui a continué à drainer des fonds propres vers le tissu de PME, ETI et start-up tout au long de l’année 2020. Hormis quelques semaines d’arrêt après l’effet tétanisant du premier confinement, pendant lequel les professionnels du private equity se sont mobilisés auprès des dirigeants de leurs participations pour les aider à mettre en place les mesures sanitaires et déployer les aides gouvernementales, les investissements ont repris dès l’été à un rythme soutenu, comme le confirme notre étude annuelle publiée fin mars sur l’activité des membres de France Invest.

Avec un montant investi de près de 18 milliards d’euros dans les fonds propres de plus de 2 000 entreprises et des levées maintenues à 18,5 milliards d’euros, les indicateurs de l’activité en 2020 marquent une légère baisse, respectivement de -12% et de -8%, par rapport à l’année 2019 qui fut une année record. De fait, la tendance haussière de la classe d’actifs résiste aux effets de la pandémie avec des levées et des investissements en hausse moyenne d’environ 14% sur les cinq dernières années.

Préparer le rebond
Les perspectives de 2021 laissent également présager une année robuste, d’autant que le nouveau dispositif de Bercy pour renforcer les fonds propres des entreprises impactées par la crise devrait apporter environ 6 milliards d’euros à une quarantaine de sociétés de gestion. Ce dispositif d’obligations relance soutenu par une garantie d’Etat, en parallèle de l’enveloppe de 14 milliards déployée par le réseau bancaire, devrait être opérationnel avec la contribution de France Invest.

Il pourrait permettre à près de 2 000 PME et ETI, qui auront besoin de renforcer leur haut de bilan ces deux prochaines années pour financer des projets de croissance, d’avoir accès non seulement à des financements non dilutifs mais aussi de bénéficier du savoir-faire et de l’accompagnement des fonds pour traverser une phase complexe de relance.

Si les prochains mois s’annoncent encore compliqués jusqu’à la réussite de la campagne de vaccination massive, beaucoup d’entreprises impactées par la crise sanitaire ont d’ores et déjà recalibré leurs coûts de structure et travaillé leur transformation pour préparer le rebond. Ce « deal flow » va poser de nouvelles problématiques de valorisation et faire l’objet de structurations plus complexes que les opérations « Covid-proof » très disputées ces derniers mois.

Mais les professionnels de l’investissement ont une nouvelle carte à jouer pour démontrer leur capacité à accompagner des plateformes de consolidation de filières industrielles vitales pour le tissu économique hexagonal et la constitution d’ETI pérennes, résilientes et compétitives.