Baromètre de la confiance des dirigeants d’ETI
Communiqué de presse

Croissance, emploi, investissement

À RETENIR

  • La guerre au Moyen-Orient porte un net coup d’arrêt à la confiance des ETI et des PME,
  • L’économie française et internationale sont particulièrement impactées,
  • Un recentrage des priorités stratégiques.

16 avril 2026_ Grant Thornton France, groupe d’audit et de conseil, présente ce jour les résultats de son 155ème Baromètre de la confiance des PME-ETI. Cette étude a été réalisée du 18 mars au 2 avril 2026, auprès de 220 dirigeants d’entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 20 millions d’euros, par l’Institut OpinionWay, en partenariat avec le magazine Challenges. 

Adam Nicol, Président de Grant Thornton, déclare : « Mars nous alertait. Avril confirme : les dirigeants d'ETI et de PME ne font plus face à un choc conjoncturel, mais à une recomposition profonde des équilibres économiques mondiaux. La prudence s'est installée dans les stratégies, l'emploi marque le pas, les arbitrages s'imposent. C'est précisément dans ces moments-là que l'accompagnement de qualité fait la différence, celui qui aide à décider, pas seulement à attendre. » 

Le choc du Moyen-Orient consomme la rupture annoncée en mars 

Ce que le baromètre de mars pressentait, un basculement en cours, visible dans l'écart brutal entre les réponses d'avant et d'après le 28 février, le sondage d'avril le confirme sur l'ensemble de l'échantillon. En un mois, la confiance des dirigeants d'ETI et de PME dans l'économie mondiale chute à un niveau inédit depuis la pandémie et leur optimisme pour l'activité de leur propre entreprise atteint son plus bas niveau depuis la début de la guerre en Ukraine. Les dirigeants ne gèrent plus des à-coups : ils sont entrés dans une crise.

Seuls 22 % des décideurs se déclarent optimistes quant à l’évolution de l’économie française, soit le niveau le plus bas observé depuis la sortie de la crise sanitaire, et en recul pour le troisième mois consécutif. Ce taux atteignait 66 % en avril 2025. Tous les secteurs (industrie/construction, commerce, services) sont concernés, avec une majorité de dirigeants inquiets : respectivement 80 %, 82 % et 70 %.

La confiance dans l’économie internationale décroche encore plus fortement. À 18 % (–13 points par rapport à mars), elle atteint un niveau inédit depuis 2020. Les tensions géopolitiques, combinées aux effets du choc pétrolier sur les coûts de production et les chaînes d’approvisionnement, mettent en lumière la fragilité des interdépendances économiques mondiales. Un an plus tôt, cet indicateur s’établissait à 60 %.

En avril 2026, 66 % (-5 %) des dirigeants d’ETI et de PME se déclarent confiants pour les perspectives de leur entreprise, soit 5 points de moins qu’en mars. L’indicateur perd 10 points en deux mois et atteint son plus bas niveau depuis la guerre en Ukraine en 2022. Il repasse sous le seuil des 70 %, marquant une rupture avec la dynamique observée en 2025 (84,5 % en moyenne annuelle). 

Dans ce contexte, tous les secteurs de l’économie sont également en recul. Les services s’établissent à 75 % (–7 %). Le commerce atteint 65 %, en baisse de 4 points en avril et de 16 % depuis février. L’industrie suit la même tendance (61 %, -4 %).

L’emploi à l’arrêt, des perspectives inquiétantes 

En avril, la dynamique de l’emploi dans les ETI et les PME, jusqu’ici résiliente, marque un brusque coup d’arrêt. La tendance observée depuis fin 2025 — intentions d’embauche élevées et réductions d’effectifs également importantes — semble désormais terminée.

11 % des dirigeants (–5 points) envisagent d’augmenter leurs effectifs, tandis que 10 % prévoient de les réduire (+1 point). Si la situation reste pour l’instant stabilisée, l’absence de perspectives d’amélioration et le maintien des incertitudes laissent craindre un basculement en territoire négatif. 

Le solde d’emploi s’établit ainsi à seulement 1 point en avril (–1), un niveau fragile et très exposé à un retournement conjoncturel. 

Des perspectives de croissance qui se contractent 

Les perspectives de croissance se dégradent nettement, sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient. Alors qu’une majorité de dirigeants (55 %) anticipaient une progression en février 2026, ils ne sont plus que 39 % en avril. Le scénario de stagnation devient désormais dominant, retenu par 50 % des dirigeants (+14 points).

Le risque géopolitique redevient la première préoccupation

Après une longue période marquée par des préoccupations essentiellement nationales (débat budgétaire, élections municipales), les tensions internationales reviennent au premier plan.

 61 % des dirigeants placent les enjeux géopolitiques en tête de leurs inquiétudes (+19 % vs février) et 64 % estiment que le conflit au Moyen-Orient influence leurs perspectives, dont un quart de manière certaine.

Un recentrage des priorités stratégiques 

Les conséquences du contexte international amènent les chefs d’entreprise à adapter leurs trajectoires et à faire évoluer certains projets stratégiques. Ils anticipent notamment des ajustements tarifaires : 59 % prévoient un impact sur leurs prix, dont 52 % à la hausse, en lien avec les pressions sur les coûts, notamment énergétiques.

Les chaînes d’approvisionnement sont également concernées : 53 % envisagent des modifications, avec des stratégies différenciées entre réduction (22 %) et diversification (31 %) des fournisseurs dans un environnement où les risques liés à la logistique se multiplient.

Enfin, les projets énergétiques sont en pleine réévaluation. Près d’un dirigeant sur deux (49 %) souhaitent procéder à des ajustements, partagés entre ralentissement (21 %) et accélération (28 %) des investissements. 

Dans ce contexte, certains sujets (compétences, cybersécurité, réglementation…) semblent temporairement relégués au second plan.

Méthodologie : étude quantitative réalisée du 18 mars au 2 avril 2026 auprès d’un échantillon de 220 dirigeant(e)s d’entreprises (PDG, DG, DAF …) dont le chiffre d’affaires est supérieur à 20 millions d’euros. Les questions d’actualité ont été posées uniquement aux dirigeants dont le CA est supérieur à 50 M€. La représentativité de l’échantillon a été assurée par un redressement sur les données de secteurs d’activité et de taille salariale. L’échantillon a été interrogé par téléphone sous système CATI par le partenaire Ariane Etudes.

Baromètre de la confiance des dirigeants d’ETI

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