Des patrons d’ETI-PME déprimés en mai…
À RETENIR
- Une crise durable s’est installée pour la confiance des ETI et des PME,
- L’économie française à son plus bas niveau depuis juin 2020,
- Seul l’emploi connaît un fragile rebond.
21 mai 2026_ Grant Thornton France, groupe d’audit et de conseil, présente ce jour les résultats de son 156ème Baromètre de la confiance des PME-ETI. Cette étude a été réalisée du 15 avril au 11 mai 2026, auprès de 220 dirigeants d’entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 20 millions d’euros, par l’Institut OpinionWay, en partenariat avec le magazine Challenges.
Adam Nicol, Président de Grant Thornton, déclare : « Depuis mars, nous documentons mois après mois ce que les dirigeants d'ETI et de PME vivent au quotidien : une dégradation continue, progressive, qui n'est plus une turbulence mais une crise installée. En mai, la confiance dans leur propre entreprise atteint des niveaux que nous n'avions pas observés depuis le Covid. Ce qui frappe, ce n'est pas la panique,les dirigeants tiennent, ils préservent leurs équipes, ils résistent. Ce qui frappe, c'est l'immobilisme contraint : sans visibilité économique, sans stabilité politique, sans accalmie géopolitique, ils ne peuvent ni anticiper, ni investir, ni s'engager. Tenir n'est pas encore rebondir. Et tant que cette triple opacité perdurera, la reprise restera hors de portée. »
L’optimisme des dirigeants d’ETI-PME est entrée dans une crise durable
L’enquête du mois de mai 2026 accentue la dégradation des indicateurs observée depuis mars. Les tensions géopolitiques persistantes, combinées à une conjoncture atone, pénalisent durablement la confiance des chefs d’entreprise et installent un pessimisme généralisé sur l’ensemble des perspectives économiques.
La confiance dans leur propre entreprise également net recul
À 63 % (-3 %), la confiance des dirigeants pour l’activité de leur propre entreprise atteint son plus bas niveau depuis le début de la guerre en Ukraine. Ce repli traduit la tendance observée depuis le mois de mars. Les dirigeants sont entrés dans une crise durable.
L’industrie et la construction demeurent les secteurs les plus fragilisés (57 % de confiants), particulièrement exposés à la hausse des coûts énergétiques et au ralentissement du commerce international. L’alerte majeure de ce mois vient des services, qui jouaient jusqu’alors un rôle d’amortisseur : ce secteur décroche à 65 % (−10 points), signe que l’incertitude gagne désormais l’ensemble du tissu économique. Le commerce se montre plus résilient (66 %, +1 point).
L’économie française enlisée dans le pessimisme
En mai, seulement 16 % des dirigeants se déclarent confiants (−6 %). Jamais, depuis le pic de la crise sanitaire (lorsque l’activité était à l’arrêt total), la confiance des décideurs pour l’économie française n’avait atteint un niveau aussi bas.
Cette détérioration (-22 % en un an), continue et accélérée depuis le mois de janvier s’inscrit dans un contexte toujours plus fragile : croissance nulle au premier trimestre 2026 (0,0 %), retour modéré de l’inflation (2,2 % en avril) sous l’effet des tensions énergétiques, et climat des affaires au plus bas depuis plusieurs années.
Une confiance pour l’économie mondiale durablement entamée
La perception de l’économie mondiale stagne à un niveau très faible : seuls 17 % (-1 %) des patrons se disent confiants, témoignant d’un pessimisme désormais bien ancré. Cette prudence reflète un environnement international qui ne donne aucun signe d’accalmie : tensions géopolitiques persistantes, volatilité des prix de l’énergie, ralentissement des échanges et absence de visibilité sur l’évolution des conflits.
Un rebond en trompe-l’œil pour l’emploi
Dans ce tableau général très dégradé, seul l’emploi affiche des signes de résilience. 13 % (+2 %) des ETI et PME envisagent d’augmenter le nombre de leurs salariés et 6 % (- 4 points) de le réduire. Le solde d’emploi est donc en légère hausse (+7 points).
Dans un environnement où la visibilité demeure particulièrement réduite, les dirigeants privilégient une logique de stabilisation et de rétention des talents plutôt que des recrutements ou des réductions d’effectifs : 81 % d’entre eux choisissent ainsi de maintenir leurs équipes à niveau constant.
Méthodologie : étude quantitative réalisée du 15 avril au 11 mai 2026 auprès d’un échantillon de 220 dirigeant(e)s d’entreprises (PDG, DG, DAF …) dont le chiffre d’affaires est supérieur à 20 millions d’euros. Les questions d’actualité ont été posées uniquement aux dirigeants dont le CA est supérieur à 50 M€.
La représentativité de l’échantillon a été assurée par un redressement sur les données de secteurs d’activité et de taille salariale. L’échantillon a été interrogé par téléphone sous système CATI par le partenaire Ariane Etudes.
Le baromètre de la confiance des PME-ETI
