Article

Analyse des risques de corruption par secteur

Patricia Pombo
Par:
Analyse des risques de corruption par secteur

La nouvelle étude de Grant Thornton sortira au premier trimestre 2026

Grant Thornton s'apprête à publier une mise à jour de son étude sur l’exposition sectorielle au risque de corruption, (initialement parue en 2021) et dont le scoring est actuellement utilisé par des entreprises dans le cadre de leurs programmes de conformité anticorruption. Prévue pour le premier trimestre 2026, cette nouvelle édition repose sur des données mises à jour, une méthodologie revisitée et des données empiriques exhaustives permettant une illustration précise des zones d'incertitude et des risques auxquels sont confrontés de nombreux secteurs d'activité.

Une méthodologie éprouvée et développée

Pour cette nouvelle édition, l’étude couvre désormais 26 secteurs d’activités, contre 22 précédemment. Cette expansion permet une analyse plus fine et représentative des risques de corruption, notamment en subdivisant certains secteurs en catégories plus spécifiques. Ainsi, l’étude montre par exemple que la production d’électricité est moins à risque que d’autres secteurs de l’industrie lourde (métallurgie, sidérurgie, construction automobile, navale, cimenterie, etc.).

Afin de qualifier le niveau de risque des secteurs, une enquête a été réalisée auprès de 1 500 personnes, à l’aide d’un questionnaire à choix multiples, ayant pour objectif d’établir la perception du risque de corruption par secteur. Les fonctions des répondants sont extrêmement variées, ce qui permet de couvrir l’ensemble des départements clés impliqués dans la gestion des risques et de la conformité au cœur de l’entreprise.

Grant Thornton a également combiné plusieurs méthodologies pour récolter des données empiriques utilisées dans l’analyse. Cela inclut la recherche de presse négative liée à la corruption, l’identification de radiations par la Banque mondiale et la recherche de règlements avec des autorités nationales. Plus de 260 sociétés, réparties à travers cinq zones géographiques, ont également été échantillonnées afin d’effectuer des recherches approfondies en sources ouvertes.

Un score fiable afin d’évaluer le niveau de risque d’un secteur

Le score de risque de corruption est établi sur une échelle de 1 à 4. Cette échelle permet une comparaison entre les secteurs et l’identification de ceux nécessitant une vigilance accrue. Sans surprise, les secteurs présentant les scores les plus élevés incluent les activités d’extraction, la construction ou l’industrie lourde. D’autres secteurs perçus comme moins risqués par les répondants présentent pourtant des scores de risque relativement élevés au regard des données empiriques collectées, révélant une dissonance à corriger entre la perception du risque et la réalité observée. C’est notamment le cas des activités financières et d’assurances, qui bénéficient souvent d’une image de professionnalisme et de rigueur, renforcée par la présence de régulations strictes et de contrôles prudentiels. Pourtant, la réalité empirique montre une exposition importante aux risques de manipulation d’informations, conflits d’intérêts, délits d’initiés ou facilitation de flux financiers illicites. Les scandales liés au blanchiment d’argent, aux produits financiers complexes ou aux fraudes internes illustrent une vulnérabilité structurelle. A l’inverse, certains secteurs sont perçus comme particulièrement risqués alors que l’analyse empirique tend à nuancer ce constat. Comme en 2021, les activités obtiennent un score de perception très élevé, l’immobilier étant souvent considéré comme un terrain propice à la corruption, en raison de montants financiers élevés, de transactions complexes et d’une réputation d’opacité. Pourtant, les cas avérés de corruption dans l’immobilier sont moins fréquents, notamment parce que les notaires, les banques et les professionnels sont soumis à des obligations strictes de vigilance et de déclaration. Des risques persistent, mais ils sont davantage liés à des zones spécifiques plutôt qu’aux transactions immobilières courantes.

Des informations pertinentes sur la localisation et le type de corruption

Pour cette nouvelle édition, nous nous sommes concentrés sur l’identification non seulement des régions du monde les plus touchées par les faits de corruption, mais aussi du continent d’origine des entreprises visées. Ainsi, nous avons pu confirmer que si l’Afrique fait partie des zones les plus propices à la corruption, les condamnations ont majoritairement lieu en Occident. Enfin, notre étude apporte des éclairages statistiques sur les types de corruption (passive, active, publique, privée).

Conclusion

La prochaine édition fournira des éléments précieux pour comprendre et gérer les risques de corruption associés à divers secteurs d'activité. 

Elle permettra de réaligner les perceptions et les réalités, aidant les entreprises à renforcer leurs mesures de prévention et à élaborer des stratégies de conformité plus efficaces.