A RETENIR
- Les patrons des PME-ETI toujours plus pessimistes pour leur l’activité,
- La situation politique pénalise les niveaux de confiance,
- La transmission et le pacte Dutreil, des sujets qui préoccupent.
22 janvier 2026_ Grant Thornton France, groupe d’audit et de conseil, présente ce jour les résultats de son Baromètre de la confiance des PME-ETI. Cette étude a été réalisée du 18 décembre 2025 au 12 janvier 2026, auprès de 220 dirigeants d’entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 20 millions d’euros, par l’Institut OpinionWay, en partenariat avec le magazine Challenges.
Adam Nicol, Président de Grant Thornton, déclare : « En ce début d’année, la confiance des dirigeants de PME et d’ETI demeure fragile. Cette évolution est renforcée par les signaux négatifs envoyés lors des débats autour du PLF 2026. Les négociations politiques tendent à créer un terrain économique incertain, avec un arrêt réel de projets et donc des impacts durables pour l’économie. Les chefs d’entreprise ont également le sentiment que la classe politique ne mesure pas l’importance stratégique de la transmission. Or, il s’agit d’un enjeu crucial, qui doit être anticipé en amont, notamment grâce au Pacte Dutreil, un dispositif efficace auquel les patrons sont profondément attachés. Sa remise en cause susciterait de fortes préoccupations, tant ce mécanisme joue un rôle clé dans la sécurisation de l’actionnariat familial, la réussite des transmissions et l’ancrage durable des entreprises dans leurs territoires. »
La confiance des dirigeants pour leur propre activité recule de nouveau
Après une année 2025 marquée par une résilience face aux chocs politiques, géopolitiques et économiques, la confiance des dirigeants d’ETI et de PME pour l’activité de leur propre entreprise poursuit son repli. Après une chute inédite en fin d’année 2025 (-17 % à 73 %), l’indicateur de confiance s’établit à 71 % (-2 %) en janvier 2026, soit le plus bas niveau observé depuis mars 2022.
Cet indicateur historiquement robuste, se retrouve aujourd’hui pénalisé par l’accumulation des incertitudes, en particulier l’instabilité gouvernementale et l’absence de visibilité budgétaire. Cela se traduit par un climat d’attentisme pesant durablement sur les décisions des ETI et des PME.
À l’exception de celui du commerce, porté par l’activité des fêtes de fin d’année et les soldes de janvier, tous les secteurs sont en repli, affectés par une perception généralement négative qui s’installe durablement.
Une défiance envers l’économie française alimentée par l’instabilité politique
Les indicateurs macroéconomiques, globalement plus favorables qu’anticipé (croissance meilleure qu’attendue, recul de l’inflation, activité en hausse…), restent insuffisants pour infléchir la défiance. L’absence de budget et la menace d’une éventuelle dissolution renforcent le sentiment d’un pilotage économique « à vue » de la part de l’exécutif sans orientation clairement établie. L’instabilité économique actuelle risque toutefois de générer un impact négatif durable à terme compte tenu des projets d’investissement à l’arrêt.
Cette fragilité impacte l’image et la crédibilité de la France sur la scène internationale : la crise agricole actuelle agit comme un facteur de vulnérabilité supplémentaire, venant restreindre les perspectives de reprise à court et moyen termes.
Comme évoqué, seul le secteur du commerce progresse, celui de l’industrie reste stable mais à un niveau bas, et les services reculent fortement en janvier (69%).
Un équilibre incertain pour l’emploi
Après une année 2025 marquée par un net ralentissement, ponctuée par deux mois de quasi-paralysie des recrutements, l’emploi dans les ETI et les PME a amorcé une phase de réajustement inattendue en décembre : un rebond des intentions d’embauche (14 %, +12 points) et une hausse significative des réductions d’effectifs (10 %, +8 points).
Cette tendance se confirme en janvier, avec un niveau stable (14 %) pour l’augmentation du nombre de salariés et des prévisions de baisse des effectifs en diminution à 9 %. Le solde d’emploi* s’établit à 5 points en janvier (+1 %). La dynamique reste cependant fragile dans un contexte économique et politique toujours incertain. A noter aussi, la possibilité que les intentions d’embauche soient inférieures à la destruction de l’emploi.
*différence entre les entreprises qui prévoient d’embaucher et celles qui envisagent de réduire le nombre de salariés
Une confiance dans l’économie mondiale atone
La confiance des patrons de PME-ETI dans l’économie mondiale est stable en janvier, à 39 %.
L’environnement international, marqué par des tensions commerciales et politiques, les prévisions de croissance attendues à 2,6 % en 2026 et 2,7 % en 2027 se traduise par un optimisme toujours très mesuré chez les chefs d’entreprise.
Le seuil symbolique des 50 % n’a d’ailleurs été que rarement franchi lors des trois dernières années, démontrant l’absence d’un sentiment de reprise chez les dirigeants.
Transmission des ETI : le Pacte Dutreil, un dispositif jugé essentiel
Les dirigeants d’entreprises de taille intermédiaire sont particulièrement attentifs aux enjeux de continuité capitalistique et de gouvernance. 54 % connaissent l’existence du Pacte Dutreil.
Ce dispositif répond à leurs priorités majeures qui sont notamment de préserver l’indépendance stratégique, maintenir les centres de décision en France et assurer un ancrage territorial durable.
La transmission d’entreprise est une étape pleinement intégrée dans la stratégie des dirigeants. Si 50 % d’entre eux projettent cette transition au-delà de dix ans, 27 % envisagent une transmission dans les cinq prochaines années, dont 11 % à très court terme.
83 % des dirigeants estiment leur entreprise bien préparée (dont 32 % très bien). Si 15 % reconnaissent l’être encore insuffisamment, voire pas du tout, l’ensemble des résultats témoigne d’une dynamique globale d’anticipation et de structuration des projets de transmission.
Les modalités s’articulent majoritairement autour de trois scénarios. La reprise par un fonds d’investissement arrive en tête (38 %), presque à égalité avec la transmission familiale (37 %), particulièrement marquée dans le secteur du commerce (58 % des ETI).
La cession à un tiers externe atteint 30 %. Les autres options, reprise par les salariés, donation ou donation-partage, sont marginales.
Méthodologie : étude quantitative réalisée du 18 décembre 2025 au 12 janvier 2026 auprès d’un échantillon de 223 dirigeant(e)s d’entreprises (PDG, DG, DAF …) dont le chiffre d’affaires est supérieur à 20 millions d’euros. Les questions d’actualité ont été posées uniquement aux dirigeants dont le CA est supérieur à 50 M€.
La représentativité de l’échantillon a été assurée par un redressement sur les données de secteurs d’activité et de taille salariale. L’échantillon a été interrogé par téléphone sous système CATI par le partenaire Ariane Etudes.
Baromètre de la confiance des dirigeants d’ETI
