25 juin 2026_ Grant Thornton France, groupe d’audit et de conseil, présente ce jour les résultats de son 157ème Baromètre de la confiance des PME-ETI. Cette étude a été réalisée du 25 mai au 15 juin 2026, auprès de 220 dirigeants d’entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 20 millions d’euros, par l’Institut OpinionWay, en partenariat avec le magazine Challenges.
Adam Nicol, Président de Grant Thornton, déclare : « Juin marque peut-être un plancher, pas une reprise. Après quatre mois de dégradation, la confiance se stabilise, mais à des niveaux que nous n’avions pas connus depuis le Covid. Les dirigeants sont lucides, pas pessimistes : ils préservent leurs équipes et attendent un cap. L’emploi est sur une ligne de crête. Redonner de la visibilité aux ETI et PME, c’est la seule condition d'un vrai rebond. »
Un rebond encore fragile de la confiance dans leur propre entreprise La confiance des dirigeants d’ETI et de PME dans l’activité de leur entreprise se redresse en juin. À 66 % (+3 points vs mai), l’indicateur met fin à trois mois consécutifs de recul, sans s’éloigner pour autant de ses plus bas niveaux observés lors de la pandémie.
Dans ce contexte, le mouvement de juin tient sans doute davantage de l’attentisme prudent que d’un retour de l’optimisme. Parmi les secteurs, les services résistent mieux et continuent d’amortir les tensions conjoncturelles. À l’inverse, l’industrie et le commerce, plus exposés aux coûts de production et aux échanges internationaux, restent vulnérables.
Un frémissement pour l’économie française
Après un recul ininterrompu depuis janvier 2026, la confiance dans l’économie française regagne du terrain à 21 % (+5 points vs mai). Elle demeure toutefois à un niveau historiquement bas. La très grande majorité des chefs d’entreprise reste défiante à l’égard des perspectives nationales, dans un environnement qui ne porte guère. Les chiffres le confirment : l’Insee enregistre un recul de l’activité au premier trimestre*, quand la Commission européenne et le FMI abaissent leurs prévisions de croissance pour 2026.
Les conséquences persistantes du conflit au Moyen-Orient, les tensions sur l’énergie et la faiblesse de la demande intérieure continuent d’alimenter des anticipations dégradées.
Le marché de l’emploi de nouveau à l’arrêt
Dans ce tableau morose, l’emploi marque lui aussi le pas. 12 % (-1 point) des ETI et PME envisagent d’augmenter leurs effectifs, tandis que la part de celles qui anticipent des baisses gagne 5 points : à 11 %, son niveau le plus élevé depuis la fin de l’épisode crise sanitaire.
Le solde d’emploi tombe ainsi à 1 point en juin (-6 points vs mai) et retrouve cette fragile ligne de crête, entre stabilité et repli. Un simple tassement saisonnier des recrutements cet été suffirait à le faire basculer en territoire négatif. Faute de visibilité, les patrons misent, en repos sur jouent la stabilisation : plutôt que de recruter ou de réduire leurs effectifs, ils retiennent leurs talents. 81 % choisissent ainsi de maintenir leurs équipes à effectif constant.
Une confiance mondiale en hausse, mais des inquiétudes persistantes
Après plusieurs mois de repli, la confiance dans l’économie mondiale remonte à 22 % (+5 points vs mai) et la part des très inquiets recule nettement (-9 points). Les perspectives internationales n’en demeurent pas moins fragiles. L’OCDE a d’ailleurs averti qu’à défaut d’accord durable dans la région, la croissance mondiale pourrait être ramenée à 2,1 %, contre 2,9 % attendus jusqu’ici.
Les perturbations des chaînes d’approvisionnement, la volatilité des marchés énergétiques et le ralentissement attendu de l’économie européenne continuent d’alimenter les incertitudes.
Ainsi, l’amélioration observée en juin traduit donc davantage un recul des inquiétudes extrêmes qu’un véritable rétablissement de la confiance. Si les scénarios les plus pessimistes semblent momentanément s’éloigner, le retour à une situation normalisée apparaît encore lointain.
La transmission des ETI : un enjeu bien identifié, mais encore insuffisamment anticipé
Alors que le gouvernement a récemment confirmé l’adaptation du Pacte Dutreil afin de faciliter la transmission des entreprises familiales et de préserver leur ancrage économique, les dirigeants d’ETI semblent avoir pleinement conscience que la transmission est un processus de long terme. 59 % des patrons estiment qu’une transmission devrait être préparée au moins deux ans avant le départ du dirigeant, dont 31 % considèrent qu’un délai de quatre ans ou plus est nécessaire.
Pourtant, dans la pratique, à peine plus de la moitié des chefs d’entreprise (54 %) estiment que les ETI anticipent suffisamment leur transmission, tandis que 45 % considèrent au contraire que celle-ci est insuffisamment préparée.
Le risque humain au cœur des préoccupations
Pour les décideurs, le principal danger d’une transmission mal préparée concerne avant tout l’entreprise dans son fonctionnement interne. La fragilisation des équipes apparaît comme la première menace citée (33 %), devant même la disparition de l’entreprise (30 %) ou la perte de valeur économique (26 %).
Cette hiérarchie met en lumière une sensibilité particulière aux risques de déstabilisation humaine et organisationnelle. Elle révèle que la transmission est perçue non seulement comme un enjeu patrimonial ou capitalistique, mais aussi comme un moment critique pour la cohésion et la continuité de l’entreprise.
Un besoin d’accompagnement encore largement exprimé
Si les évolutions récentes du Pacte Dutreil témoignent d’une volonté des pouvoirs publics de mieux sécuriser les transmissions, les dirigeants estiment majoritairement que les ETI ne sont pas suffisamment accompagnées dans cette démarche. 59 % jugent l’accompagnement actuel insuffisant, contre 41 % qui le considèrent adapté, dont seulement 4 % tout à fait adapté.
Ce résultat met en évidence une attente forte en matière d’information, de conseil et d’accompagnement opérationnel. Dans un contexte où de nombreuses ETI vont être confrontées à des enjeux de succession dans les années à venir, la capacité à anticiper et à sécuriser ces transitions apparaît comme un facteur déterminant pour la pérennité du tissu économique français.
Méthodologie : étude quantitative réalisée du 25 mai au 15 juin 2026 auprès d’un échantillon de 220 dirigeant(e)s d’entreprises (PDG, DG, DAF …) dont le chiffre d’affaires est supérieur à 20 millions d’euros. Les questions d’actualité ont été posées uniquement aux dirigeants dont le CA est supérieur à 50 M€. La représentativité de l’échantillon a été assurée par un redressement sur les données de secteurs d’activité et de taille salariale. L’échantillon a été interrogé par téléphone sous système CATI par le partenaire Ariane Etudes.
Baromètre de la confiance
