À RETENIR
- Le conflit au Moyen-Orient porte un coup d’arrêt brutal à la confiance des ETI et des PME,
- L’économie française et internationale sont particulièrement impactées,
- Investir dans le digital devient la priorité stratégique des dirigeants d’ETI
19 mars 2026_ Grant Thornton France, groupe d’audit et de conseil, présente ce jour les résultats de son 154ème Baromètre de la confiance des PME-ETI. Cette étude a été réalisée du 18 février au 9 mars 2026, auprès de 220 dirigeants d’entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 20 millions d’euros, par l’Institut OpinionWay, en partenariat avec le magazine Challenges.
Adam Nicol, Président de Grant Thornton, déclare : « Le déclenchement de la guerre au Moyen Orient agit comme un électrochoc pour les ETI et les PME françaises. Si les chefs d’entreprise restent encore relativement confiants pour ce qui concerne leur propre activité, l’économie française et mondiale encaissent de plein fouet cette nouvelle vague d’incertitude et tous les indicateurs se sont nettement dégradés, à une vitesse inédite. Dans ce brouillard géopolitique, les ETI n’ont qu’une certitude : investir dans le digital, renforcer leur résilience et concentrer leurs moyens sur ce qui crée réellement de la valeur. C’est cette capacité à décider vite et juste qui fera la différence dans les mois à venir. »
La situation au Moyen-Orient : un coup sévère pour l’économie française et internationale
Si une majorité toujours importante de patrons d’ETI et de PME restent optimistes pour l’activité de leur propre entreprise, leur perception de l’économie française est en revanche nettement plus pessimiste. Seuls 24 % (-1 %) des dirigeants se disent confiants dans l’économie française, soit le chiffre le plus bas observé depuis un an.
Les incertitudes politiques, à l’approche des élections municipales et surtout la crise au Moyen-Orient contribuent à nourrir cette défiance qui s’accentue : la proportion de dirigeants se déclarant très inquiets bondit après le 28 février, passant de 5 % à 24 %.
L’économie mondiale est rattrapée par les tensions géopolitiques. Alors qu’un léger rebond semblait se dessiner, les tensions internationales ont nettement stoppé cet élan. Si la confiance dans l’économie mondiale s’établit à 31 %, en légère progression vs février, ce regain masque néanmoins une rupture nette : 39 % des chefs d’entreprise se disaient optimistes avant le 28 février, la proportion recule à 23 % après le début des hostilités, soit un recul de 16 % en moins de deux semaines.
Recul de la confiance des dirigeants pour leur activité
En mars 2026, 71 % des dirigeants se déclarent confiants dans les perspectives de leur entreprise, soit une baisse de 5 points par rapport à février. L’indicateur retrouve son niveau de janvier 2026. Il semble s’installer durablement sous le seuil des 80 %. L’impact et les conséquences de la guerre avec l’Iran sont d’ores et déjà perceptibles : l’inquiétude grandit chez les décideurs interrogés après les événements du 28 février au Moyen-Orient, date à laquelle la confiance chute à 66 %, un niveau inédit depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022.
Le secteur des services demeure le plus optimiste (82 %, +7 %), l’industrie (67 %, -4 %) et particulièrement le commerce (69, -12 %) souffrent particulièrement et se montrent plus exposés à la dégradation du contexte international.
L’emploi reste relativement épargné
En mars, le sujet de l’emploi dans les ETI et les PME confirme la tendance de réajustement observée depuis fin 2025 : des intentions d’embauche à un niveau élevé et, en parallèle, des réductions d’effectifs également importantes.
16 % (+1 point) des ETI et des PME envisagent une augmentation du nombre de salariés, tandis que 9 % (=) prévoient une baisse des effectifs. Le solde d’emploi s’établit ainsi à 7 points en mars (+1 %). La dynamique reste cependant toujours fragile et indubitablement soumise à un retournement de la conjoncture.
Questions d’actualité : les perspectives d’investissements stratégiques dans les ETI
Le digital, le levier stratégique prioritaire
Parmi les entreprises réalisant plus de 50 M€ de chiffre d’affaires, la transformation digitale demeure le premier levier d’investissement : 47 % prévoient d’augmenter leurs budgets, dont 10 % de manière significative, des niveaux proches de ceux observés en 2025 (45 %, dont 13 % de fortes hausses). Une tendance qui confirme le rôle central du numérique pour les patrons d’ETI. La situation internationale qui se traduit par une confiance contenue et une absence de visibilité les amènent à considérer les investissements numériques comme un levier clé de compétitivité, de productivité et d’adaptation aux transformations économiques.
Des investissements maintenus mais plus ciblés
Les intentions d’investissement prévues pour 2026 restent comparables à celles envisagées en 2025, malgré une inflexion sur certains postes : durabilité et responsabilité sociale (32 %, -3 points), marketing stratégique et expérience client (25 %, -2 points) ou encore R&D (21 %, -5 points).
Au-delà de ces évolutions, la part d’ETI se déclarant non concernées par certains investissements, notamment en R&D (+12 points) et en développement international (+14 points), traduisent une priorisation plus nette des leviers jugés essentiels pour la performance et la compétitivité.
26 % envisagent des opérations de croissance externe (acquisitions, prises de participation ou fusions), dont 10 % de façon certaine.
L’internationalisation : entre croissance et prudence
Si le développement international reste un vecteur de croissance pour certaines ETI, 25 % (-5 %) d’entre elles déclarent vouloir renforcer leur présence à l’étranger. Un recul certain qui peut s’expliquer par un contexte où les tensions commerciales sont directement liées aux incertitudes géopolitiques.
Méthodologie : étude quantitative réalisée du 18 février au 9 mars 2026 auprès d’un échantillon de 220 dirigeant(e)s d’entreprises (PDG, DG, DAF …) dont le chiffre d’affaires est supérieur à 20 millions d’euros. Les questions d’actualité ont été posées uniquement aux dirigeants dont le CA est supérieur à 50 M€.
La représentativité de l’échantillon a été assurée par un redressement sur les données de secteurs d’activité et de taille salariale. L’échantillon a été interrogé par téléphone sous système CATI par le partenaire Ariane Etudes.
Baromètre de la confiance des PME-ETI.
