La lettre des décideurs

Le mot du président : Prise de confiance

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Le mot du président : Prise de confiance
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Nous sommes au cœur d’une crise de confiance. Un manque de confiance dans les institutions, d’abord. La démocratie est remise en question. Le taux d’abstention est élevé et qui aurait pu imaginer des tentatives de coups d’Etat aux US ou au Brésil ? L’économie, jouet des soubresauts politiques, n’offre plus de certitudes. Les modèles sociaux sont contestés et la famille n’est plus une référence absolue. Quant à la science, une enquête récente de l’Ifop montrait que les jeunes s’en méfiaient. Terrible constat.

L’étymologie nous enseigne que la confiance signifie « foi en quelque chose, en quelqu'un ». Pour faire confiance, il faut donc croire. 
Crise de confiance, crise de repères. Est-ce seulement la faute aux réseaux sociaux qui amplifient les « fake news » et les théories complotistes, générant un climat général de soupçon et de réserve ? Où n’est-ce pas le signe de l’épuisement général d’un système dans lequel les entreprises ont joué un rôle majeur ?

La confiance, le lien essentiel 

Pourtant, la confiance est la condition sine qua non de la réussite de bon nombre d’entreprises. Le fondateur d’Airbnb, Joe Gebbia, l’avait expliqué simplement lors d’une conférence. Il avait demandé aux trois cents participants de prêter leur smartphone à leur voisin. Après 5 minutes d’un silence gênant, Joe Gebbia avait demandé aux personnes présentes si elles avaient fouillé dans le smartphone de leur voisin. Elles avaient toutes répondu négativement. Sur le même principe, le Bon Coin triomphe, en plaçant la confiance au centre des transactions.

L’importance de la confiance a ressurgi à l’occasion de la pandémie. Le management n’a eu d’autre choix que de se fier à des salariés qui travaillaient à distance, impossibles à surveiller. Le succès collectif résultait d’un respect réciproque, d’une relation gagnant-gagnant où le doute n’a plus sa place. Il est intéressant de noter que la pandémie est une situation exceptionnelle. Au même titre qu’un terrain d’opération militaire qui n’autorise pas l’hésitation des combattants. L’ordre est tout autant l’émanation d’une autorité que l’expression légitime d’une compétence reconnue.

Croire en l’Homme

Chez Grant Thornton, nous faisons le pari de la confiance parce que nous croyons en l’Homme et en sa capacité à faire avancer le monde. La confiance ne se décrète pas, elle se favorise. C’est d’abord un état d’esprit, un climat favorable, un type d’organisation qui conduit naturellement les collaborateurs à s’engager, à devenir plus responsables et à donner le meilleur d’eux-mêmes en fonction de leurs rôles et de leurs talents respectifs.

Libérer le potentiel de chacun d’entre nous est une valeur humaniste, résolument optimiste. Nous l’assumons. Mais il ne suffit pas de le décréter, il faut le rendre possible. 
Pour y parvenir, il est essentiel d’autoriser la prise de risque, d’accepter l’échec et de faire de l’expérience le levier de l’apprentissage et du progrès.

Revaloriser l’entreprise

À l’heure où la défiance est de mise, nous croyons que l’entreprise peut devenir un lieu d’épanouissement. De la capacité à vivre et travailler ensemble dépendent la performance collective et le bonheur individuel. Alliée à la bienveillance, pondérée par l’exigence, la confiance est le facteur X de notre réussite commune.

Ne nous y trompons pas, la confiance est un puissant vecteur de performance. Pourquoi ? Parce qu’elle repose sur l’émotion. La confiance se donne, comme l’amour. Ce n’est pas avoir une vision romantique du management et de l’entreprise de l’affirmer, c’est reconnaître qu’on motive plus facilement les individus en les valorisant qu’en les sanctionnant. 

Dans ce monde instable, l’entreprise doit offrir de nouveaux repères et par la confiance, de nouvelles opportunités. C’est ainsi que notre société trouvera un nouvel élan.