La lettre des décideurs n°26

La responsabilité de l’industrie agroalimentaire dans le réchauffement climatique

Vincent Frambourt
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La responsabilité de l’industrie agroalimentaire dans le réchauffement climatique
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Selon un rapport du GIEC de 2016, l’industrie agroalimentaire contribue à hauteur de 21% et 37% du total des émissions anthropiques de gaz à effet de serre et se place en quatrième position des secteurs industriels émettant le plus d’émissions de GES. Pour atteindre l’objectif des 2°C d’ici à 2050, il faut changer de mode de production tout en satisfaisant la demande mondiale, croissante. Pour autant, les solutions plus respectueuses de l’environnement et du climat ne doivent pas altérer la quantité de nourriture produite. Dès lors, l’enjeu serait d’arriver à nourrir une population croissante tout en développant une agriculture durable.

De nombreuses techniques peuvent être mises en place et déployées immédiatement, parmi lesquelles la réduction des émissions de dioxyde de carbone en délaissant la déforestation et la dégradation de la forêt ainsi que l’adoption de méthodes pour une meilleure gestion des terres agricoles. Néanmoins, le CO2 n’est pas le seul gaz émetteur puisqu’il faut également prendre en compte le méthane et le protoxyde d’azote qui sont la conséquence de l’élevage intensif de bétail : il faut donc mieux gérer les déchets et produits résultant de cet élevage et adopter des techniques visant à minimiser la quantité d’eau utilisée dans cette filière.

Même si ces solutions peuvent avoir un impact bénéfique à court terme, leur utilisation à long terme peut être limitée du fait des conséquences incontrôlables du changement climatique. Il ne faut donc pas simplement modifier l’industrie agroalimentaire actuelle mais revoir notre mode de consommation. Une diversification des modes de production adaptés au territoire permettrait le retour à une souveraineté alimentaire accompagnée d’une réduction des coûts de transports.

L’une des difficultés dans l’adoption d’une politique alimentaire durable réside dans la pluralité d’acteurs impliquées, du fermier producteur au marché d’échange des produits. Finalement, ce sont plutôt des politiques ciblées et à petite échelle comme l’introduction d’un plat végétarien une fois par semaine dans les cantines scolaires françaises avec la loi Alimentation de 2018, ou des initiatives individuelles comme le développement des circuits courts qui sont révélateurs d’une réelle volonté de changer notre mode de consommation alimentaire afin de le rendre durable.

Un changement est nécessaire du fait de la croissance exponentielle de la population mondiale et une adaptation apparaît obligatoire, qu’elle soit prévue dès à présent ou subie dans quelques décennies.