Paroles d’experts

Le comité d’audit fait face à de multiples défis

Entamée il y a un an, la réforme de l’audit a modifié les relations entre les différents interlocuteurs concernés au sein des entreprises. Vincent Frambourt, Associé et Directeur du département Audit Paris de Grant Thornton, revient sur les principaux changements dont le nouveau rapport des Commissaires aux comptes.

Un an après la réforme, quels changements observez-vous ?

Vincent Frambourt : La réforme a renforcé le rôle des comités d’audit. Ils doivent s’organiser ou se réorganiser pour faire face aux attentes du législateur qui sont toujours plus nombreuses. Sur le terrain, nous constatons une forme de « professionnalisation » de ces comités, liée notamment à une pression croissante.

Il en ressort que l’interaction entre les différents acteurs - membres des comités, Commissaire aux comptes et direction financière – doit s’intensifier. La communication régulière entre ces parties est indubitablement un élément clé du bon fonctionnement de la gouvernance.  

A quels enjeux doivent se préparer les comités ?

VF : Aujourd’hui, le comité d’audit doit faire face à de multiples défis. Il peut y répondre en élargissant sa composition et/ou en spécialisant ses membres. Par exemple, avoir un interlocuteur technique, qui peut « challenger » la direction financière, sur les normes IFRS 15 et 16, peut avoir un impact significatif sur les comptes du groupe à la clôture.

Il peut également dédier un des membres sur le suivi de la partie compliance. En effet, l’approche des enjeux réglementaires est très importante. La loi Sapin 2 sur les sujets de corruption est un exemple significatif. Le règlement sur la protection des données personnelles pour mai 2018 est également une bonne illustration de la chose.

Comment vont évoluer les nouveaux rapports des Commissaires aux comptes ? 

VF : La nouvelle cadence des échanges avec l’ensemble des acteurs financiers de l’entreprise sur les sujets de compliance se matérialise effectivement avec un nouveau rapport des Commissaires aux comptes à destination du comité d’audit. Au-delà des obligations pré existantes (indépendance, honoraires…), ce rapport intégrera désormais un niveau de détail supplémentaire sur les aspects de seuils de signification, d’analyse des méthodes d’évaluation, de méthodologie utilisée etc…

Il doit mettre en évidence les « Key Audit Matters » sur lesquels les auditeurs ont travaillé et qui retracent le fil conducteur de l’approche d’audit. Le rapport sur les comptes aux actionnaires est également plus étayé et détaillé, traduisant la volonté de transparence du législateur.