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Sponsors du Club HEC Private Equity

Nathalie Margraitte Nathalie Margraitte

Grant Thornton a souhaité s’associer pour la 3ème année consécutive à ce réseau d’Anciens d’HEC, très certainement l’un des plus importants en Europe, afin d’échanger devant un public averti sur les importantes perspectives d’évolutions de l’industrie du Private Equity.
Le thème retenu pour 2015 concerne l’internationalisation. Nombre de fonds français ont effectivement fait ce choix avec deux objectifs principaux : trouver les meilleurs relais de croissance pour leurs investissements quand le marché domestique ne présente plus une dynamique suffisante et accroître leur visibilité pour séduire les LP’s étrangers, gage du succès de leurs futures levées de fonds.

Le Point de Vue de David Ayache.

L’évolution de l’activité Capital-Investissement français à l’international

Un grand nombre de fonds de private equity ont fait le choix de l’internationalisation, l’expansion géographique étant devenue un véritable enjeu pour déployer le fonds et augmenter le volume d’activité.

L’international ne semble plus être l’apanage du LBO et des seuls fonds large cap ou upper mid-cap. Tous les segments sont désormais concernés : qu’il s’agisse de small cap ou lower mid-cap, ou encore de Capital-innovation ou de Capital-développement.

L’objectif est de trouver les meilleurs relais de croissance pour les investissements quand le marché domestique ne présente plus une dynamique suffisante tant en raison de son ralentissement que d’une certaine saturation.
Il s’agira également d’accroître sa visibilité et par ce biais, séduire et attirer de plus nombreux LP’s étrangers, gage du succès des futures levées de fonds. À l’instar d’une spécialité sectorielle, avoir une capacité à se déployer à l’international permet de se différencier.

Pour se structurer à l’international et, au-delà de procéder à de simples co-investissements, plusieurs moyens sont mis en oeuvre :
ouverture de bureaux à l’étranger dotés de véritables équipes d’investissements ou simplement pour assurer le sourcing d’opérations, la création de partenariats, la mise en place d’un réseau international…

Le choix entre ces différents moyens dépendra des moyens humains et financiers à disposition, mais également des attentes des équipes de LP’s et de celles des chefs d’entreprise qui ouvriront leur capital.

On le constate, les fonds doivent adopter de véritables logiques d’entrepreneurs pour assurer une meilleure proximité entre les équipes de gestion et les sociétés qui figurent dans leurs portefeuilles, tout en améliorant sans cesse l’accompagnement de ces dernières à l’étranger dans leur stratégie de build-up.

Côté levées de fonds, sortir de l’Hexagone et investir à l’étranger permet d’augmenter la taille critique des fonds, voire de créer de véritables véhicules pan-européens. Les chiffres sont prometteurs : levées de 5,5 Md€ durant le premier semestre 2015 (+52 % par rapport au S1 2014, dont la moitié proviendrait d’investisseurs étrangers (24 % européens et 25 % du reste du monde). Reste à savoir si la création d’un nouveau véhicule d’investissement - la société de libre partenariat (SLP) ou « French LP » - permettra d’attirer davantage de LP’s étrangers.

Côté investissement, les opérations en direct semblent rester encore relativement limitées et la solution privilégiée à ce jour reste les equity cases qui portent sur le développement à l’international de la cible dans laquelle les fonds seront investis.
Le choix du pays de destination n’est pas simple. La proximité est importante et il s’agit d’apparaître « local » dans un pays étranger.

Plusieurs critères peuvent être pris en compte :
l’analyse du couple risque / rendement, la situation concurrentielle locale, les bons relais d’investissement et bien entendu, les aspects culturels qu’il ne faut pas négliger.

Ainsi, malgré l’enthousiasme pour les économies émergentes – notamment les BRICS et les pays africains – ces régions n’ont pas toujours réussi à se positionner comme des alternatives pérennes d’investissement, notamment en raison d’un certain nombre de difficultés qui continuent d’entraver leur développement : risques d’exécution, instabilité politique, conditions de sorties difficilement prévisibles faute de marchés secondaires suffisamment performants par exemple. Pour mieux maîtriser ces enjeux, les joint-ventures pourraient constituer une solution appropriée, mais de telles structures entraînent évidemment une perte de valeur importante de l’investissement réalisé.

Dans les faits, les fonds de private equity semblent avoir fait le choix de favoriser de manière récurrente, au cours des cinq dernières années, des investissements au niveau européen ou aux Etats-Unis afin de concilier un dynamisme plus important que le marché local sans pour autant exposer leurs investissements aux risques constatés sur les marchés émergents.

Même si les investisseurs français accompagnent de plus en plus d’entreprises à l’international (environ 14 % des entreprises de 2011 à 2014, avec une réelle progression au cours du premier semestre 2015), le nombre d’acteurs reste stable sur ces quatre dernières années : seulement un peu plus de soixante sociétés de gestion auraient investi hors de France, soit environ 25 %.

On observe en revanche une croissance du ticket moyen d’investissement à l’étranger : environ 7,1 M€ sur 2010-2015 contre 10,1 M€ en 2014 et 8,7 M€ au S1 2015. Par métier et en montants investis, si le Capital-innovation évolue naturellement dans un environnement international (139 M€ en 2014 et 111 M€ au S1 2015), c’est le Capital-transmission qui reste le vecteur d’investissement le plus important.

L’ensemble des montants investis directement ou indirectement à l’étranger dans ce segment s’élevait ainsi à 1.830 M€ en 2014 et à 806 M€ au S1 2015. Le Capital-développement quant à lui totalise 363 M€ en 2014 et 265 M€ sur le seul S1 2015.