Big data, services numériques, actions citoyennes

Réinventons le modèle économique !

Hélène Baron-Bual Hélène Baron-Bual

« La Révolution du modèle économique du secteur public local est en marche… Des phénomènes disruptifs émergent et réinterrogent le Secteur Public sur trois de ses dimensions : stratégique, organisationnelle, et financière »

Pour cette année 2016, Grant Thornton, a choisi lors de sa conférence annuelle sur les Collectivités Territoriales, de s’engager dans une réflexion sur les modèles dits « disruptifs », lesquels « bousculent » les lignes traditionnelles. On évoque souvent la data, la digitalisation, le service numérique, mais aussi, et notamment dans le cadre de la sphère publique, l’émergence de mouvements citoyens de plus en plus significatifs (tels le développement des budgets participatifs, ou bien des « actions citoyennes », pour ne citer que ces exemples).

Quand nous évoquons cette révolution, à la fois numérique, presque économique et sociétale, c’est le modèle du Secteur Public lui-même qui est questionné, au moins sur trois de ses dimensions : stratégique, organisationnelle, et financière.

Cette révolution numérique réinterroge en profondeur le contour des missions de ce Secteur Public ainsi que les stratégies mises en place pour y parvenir. Comment vont et doivent s’exercer à l’avenir les missions de service public au regard de la montée en puissance de ces nouvelles technologies et de l’évolution des besoins des citoyens ?

Nous pouvons y voir là une approche très entrepreneuriale de l’action publique. Cette nouvelle forme de service public par voie numérique, ou encore ces nouvelles formes d’implications citoyennes, nous amène à nous questionner sur l’exercice des missions du service public, l’utilisation qui en est faite vis-à-vis du citoyen, mais également la performance en matière d’action politique.

La réflexion porte également sur l’organisation des administrations locales ; est-elle correctement adaptée pour répondre à ces nouveaux enjeux ?

Nous sommes ainsi interpelés en termes de compétences : le cœur du débat réside aussi dans l’émergence de nouveaux métiers, de nouveaux profils tels que « Data analyst », « Chief data officer », ou encore de « chef de projet digital » … ce sont là des profils tout aussi nouveaux, tant dans le secteur public que dans le secteur privé, et qui nécessitent une réflexion approfondie sur l’organigramme des collectivités, pour adopter un positionnement le plus pertinent possible dans une logique qui soit globale, au regard de la stratégie définie par le politique.

Bien entendu, cette nouvelle donne remet sur le métier les modèles financiers existants. Nécessairement, cette révolution va venir bouleverser la structuration du coût du service public. Est-ce finalement une partie de réponse à la contrainte budgétaire ? Est-ce un investissement avec un retour intéressant pour la collectivité en matière de politique locale ?

Les collectivités devront veiller à ne pas tomber dans un travers « d’effet de mode ».

Ces choix impliquent de définir une stratégie, et le business plan qui en découle, dans une logique constante de retour sur investissement. La performance du service rendu au citoyen doit en demeurer la philosophie.

avec :
Pol Nolet, Directeur du Développement du Secteur Public
François Mazella Di Bosco, Senior Manager Secteur Public