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Les enjeux RSE

Tristan Mourre Tristan Mourre

Gestion incontournable pour les entreprises et les investisseurs

Le constat est sans appel : les entreprises qui ont intégré depuis plusieurs années des critères RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) ou ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) dans leur gestion, surperforment financièrement. Et les investisseurs l’ont bien compris. Selon une enquête de marché réalisée par Novethic1, ces derniers investissent préférentiellement dans les fonds socialement responsables et intègrent des critères ESG à la gestion d’actifs. Leur prise en compte est dorénavant un élément de gestion incontournable pour les entreprises et les investisseurs.

Les enjeux RSE, moteurs d’une performance durable pour les entreprises

Entre renforcement des cadres réglementaires européens en matière de transparence, multiplication des agences de notation extra-financières et durcissement des attentes des parties prenantes, les entreprises ne peuvent plus se contenter de suivre des indicateurs extra-financiers. Elles doivent pleinement intégrer les enjeux RSE dans leur stratégie, leurs opérations et leurs processus décisionnels.

Cela nécessite une analyse des risques RSE sur l’ensemble de la chaîne de valeur accompagnée d’un processus d’évaluation efficient, d’un système de retours d’expérience dynamique et d’un plan d’actions correctives. En d’autres termes, l’entreprise doit mettre en place des démarches de diligence raisonnable couvrant tous ses métiers.

Certaines entreprises ont décidé d’intégrer ces enjeux par le biais de financements innovants : des projets spécifiques générateurs d’un bénéfice environnemental ou social direct. Appelés « Green Bonds », ils ont triplé2 entre 2013 et 2014 et constituent une nouvelle pratique non plus fondée sur la qualité RSE des émetteurs mais sur la finalité des projets engagés.

La monétarisation des enjeux RSE, l’émergence d’une pratique

Les entreprises, dont la stratégie RSE est la plus mature, ont développé des méthodes de valorisation financière de leurs impacts RSE et intègrent leurs coûts lors dans leur stratégie, à travers notamment les comptes de résultats extra-financiers et le reporting intégré. Cette pratique se démocratise et sera, à moyen terme, pleinement considérée selon le dernier rapport prospectif de la Global Reporting Initiative. Egalement engagée par les investisseurs, notamment les fonds d’investissement, elle repose sur une nouvelle manière d’aborder le business en identifiant les moteurs non financiers créateurs de valeur.

Une prise de conscience générale chez les fonds d’investissement

La combinaison de la performance économique et de la responsabilité sociétale peut affecter toutes les étapes de la gestion opérationnelle d’un fonds d’investissement.

Dans un contexte répondant aux mêmes contraintes, les acteurs du Capital-investissement ont dû se doter d’outils décisionnels d’évaluation sur l’ensemble du cycle de vie d’un investissement. L’heure n’est plus à l’engagement mais à la mesure et la mise en perspective des résultats. Néanmoins, selon une étude3 de la Commission ESG, sur le panel des fonds interrogés en 2014 moins de 60 % ont une section spécifique ESG dans leur note d’investissement ou ont mis en place un plan d’actions ESG dans les sociétés de leur portefeuille.

Une intégration des critères ESG à chaque étape par une approche holistique

Une approche intégrée des enjeux sociétaux nécessite une introduction des critères ESG à tous les stades du cycle de vie d’un investissement.

Ainsi, les fonds dont la politique ESG la plus aboutie, ont réussi à aller au-delà de la simple intégration de critères supplémentaires dans leur démarche d’investissement en faisant de la mesure de la performance ESG un véritable outil de décision à chaque étape du processus d’achat et de cession.
Lors de la phase amont de détection, chaque potentiel d'investissement est soumis à une analyse poussée des risques ESG sur l’ensemble de la chaîne de valeur en termes d’opportunités et d’amélioration de la performance globale.

Les phases d’acquisition et de cession intègrent, quant à elles, systématiquement une due diligence ESG et la mesure de la plus-value apportée post-acquisition, grâce à l’accompagnement des sociétés du portefeuille dans l’identification des enjeux pertinents, la mise en place d’engagements et d’indicateurs de pilotage associés et le déploiement d’outils de mesure.
L’approche holistique des enjeux ESG permet ainsi d’aboutir à une valorisation économique des risques et opportunités en se concentrant sur les enjeux stratégiques.



1 « Chiffres 2014 de l’investissement responsable en France » par Novethic en partenariat avec le Forum pour l’Investissement Responsable (FIR).
2 www.climatebonds.net
3 « Premières approches pour le reporting et la due diligence ESG », une production du Groupe de Travail n° 2 de la Commission ESG - Septembre 2014