Étude

Lutte contre la fraude et la corruption

Nous l’avions déjà constaté lors de la première édition de notre baromètre en 2015, mais les résultats de la version 2017 de notre étude confirment les tendances : plus des trois quarts des entreprises interrogées déclarent avoir subi une tentative de fraude au cours des deux dernières années !

Le constat est édifiant : ce phénomène touche toutes les entreprises, de toutes tailles et dans tous les secteurs d’activité. Pourtant la prise de conscience s’est accentuée au cours des deux dernières années, favorisée par le renforcement permanent de l’arsenal législatif, la judiciarisation croissante-pouvant conduire à la mise en cause personnelle de dirigeants- et les conséquences croissantes en termes d’image et de réputation.

Si la fraude peut revêtir des formes très diverses, le détournement d’actifs constitue le scénario de fraude le plus couramment subi par les entreprises, loin devant la désormais célèbre “ fraude au Président ” qui arrive au second rang de notre classement.

Alors que la première édition de notre baromètre visait à faire le point sur les organisations et pratiques des entreprises en matière de lutte contre la fraude, nous avons souhaité pour cette édition réaliser un panorama des 10 scénarios de fraude les plus courants. Il s’agit ainsi d’évaluer le niveau d’exposition des entreprises, les cas avérés mais également leur niveau de maîtrise du risque. Chacun de ces risques fait l’objet d’une fiche de synthèse, assortie de points clés en matière de vigilance.

Un premier constat, assez alarmant, s’impose : dans presque 40 % des cas, les entreprises déclarent ne pas se sentir prêtes à faire face à des scénarios de fraudes auxquels elles considèrent pourtant être fortement exposées.

Les enjeux financiers pour les entreprises sont significatifs : 13 % des cas de fraudes avérées ont des conséquences financières d’un montant supérieur à 1 million d’euros !

Dans le cadre de notre panorama, plusieurs situations se dégagent.

Certains scénarios potentiels, bien que considérés comme de véritables menaces, sont déclarés comme maîtrisés.

D’autres scénarios correspondent à des risques comportant une forte dimension réglementaire qui a déjà amené les entreprises à travailler pour se mettre en conformité avec les exigences légales, a minima. Ces risques restent pour autant une véritable préoccupation pour les entreprises : toute défaillance les exposerait non seulement aux sanctions prévues par la loi, mais aurait également des conséquences lourdes en matière d’image et de réputation.

Quatre risques restent pour autant des chantiers ouverts pour les entreprises, qui considèrent ne pas les maîtriser suffisamment : les détournements d’actifs, la corruption, la cybercriminalité et peut-être moins envisagé, la fraude au technicien. Les dirigeants doivent donc poursuivre leurs efforts pour structurer et renforcer leur dispositif de lutte et prévention contre la fraude : ces efforts se feront sans doute sans ressources supplémentaires, le renforcement des équipes affectées à la lutte contre la fraude ne faisant définitivement pas partie des priorités identifiées.

Sur le plan international, nous constatons que la fraude est également un sujet de préoccupation pour les entreprises et que les scénarios de fraude que nous pouvions imaginer dépendre de la culture des pays (comme la fraude au Président) sont pourtant évalués comme représentant un niveau de risque important.

Cette injonction paradoxale peut constituer une clé de lecture pour les actions envisagées de manière prioritaire ; les entreprises visent désormais à rationaliser et optimiser le dispositif plus qu’à le construire et le développer.

La poursuite de la transformation de la culture d’entreprise

Le renforcement de la prévention et la réalisation d’actions de sensibilisation constituent les deux principales actions envisagées par les entreprises à court terme. Elles sont indispensables à la montée en puissance des équipes opérationnelles, pour devenir une première ligne de défense efficace contre le risque de fraude.

Le renforcement des mesures de surveillance